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Adieu camarades ! — L'Empire soviétique 1975-1991 — Episode 5 : Rébellion 1989

Film documentaire, Allemagne-France, 2011, de Andrei Nekrasov, en couleur, sonore.

Production : ARTLINE FILMS, GEBRUEDER BEETZ FILMPRODUKTION, ARTE France, ARTE G.E.I.E., etc, Allemagne-France, 2011

Durée : 51 minutes.

Version originale : allemand

Doublage : français

Résumé :

Le cinquième épisode de Adieu camarades ! est consacré à l'année 1989 et à l'explosion du bloc de l'Est, qui précède celle de l'URSS.

- En URSS, rien ne bouge apparemment ; les rockers dénoncent les souffrances de leurs concitoyens ; néanmoins le modèle économique demeure centralisé et planifié. Grèves et manifestations vont se multiplier en 1989. 

- Intervention d'Andreï Sakharov, élu député au Soviet suprême, dénonçant l'intervention soviétique en Afghanistan. Retour des derniers soldats soviétiques d'Afghanistan, le 15 février 1989.

- Premières élections du "Congrès des f&eacttm;putés du peuple" du Soviet suprême  : en réalité, en 1989, cette  assemblée n'est pas complètement libre, puisqu'un tiers des sièges sont automatiquement réservés au Parti  communiste, ainsi qu'un certain quota pour différentes institutions comme le Komsomol, etc. Néanmoins, Boris Eltsine, principal opposant de Gorbatchev, y est élu triomphalement le 26 mars 1989. On peut cependant considérer que ce sont les premières élections libres depuis l'avènement du régime communiste en URSS.

[Interview de Guennadi Bourboulis, vice-premier ministre de Boris Eltsine : l'erreur de Gorbatchev, extrêmement populaire à son arrivée au pouvoir, a été de ne pas organiser d'élections].

[Interview de Alexei Kondaourov, ancien général du KGB, responsable de la sécurité de Gorbatchev : la plupart des soutiens de Gorbatchev étaient relativement partisans de la démocratisation, des élections libres, etc. Son tort a consisté d'abord à ne pas réussir à redresser l'économie, ensuite à renoncer à la position de grande puissance de l'URSS dans le monde et à ne pas maintenir le statu quo en Europe.]

- Changements en Europe centrale : 

En Pologne, le syndicat libre Solidarnosc est à nouveau autorisé en avril 1989. En juin, le mouvement remporte la victoire aux élections législatives et refuse tout accord de gouvernement avec le Parti ouvrier unifié polonais. Jaruzelski, seul candidat autorisé, est élu Président de la République par le parlement. L'ouverture l'a emporté.

[Int. Andreï Gratchev : Honecker et Ceaucescu s'efforcent en vain de persuader leurs collègues du Pacte de Varsovie de tenter une intervention militaire en Pologne].

Hongrie [Flashback : en 1956, Imre Nagy avait tenté de faire sortir la Hongrie du Pacte de Varsovie. D'où l'intervention soviétique à Budapest (octobre 1956). Le communiste Janos Kadar dirige la Hongrie de 1956 à 1988]. Le parti au pouvoir, sous l'impulsion d'un jeune démocrate, Myklos Nemeth, accepte le principe du multipartisme dès février 1989, après une rencontre avec  Gorbatchev (qui s'engage également à retirer les trouves d'occupation soviétiques de Hongrie en 1991) [int. de Andrea Szekfu]. En juin 1989, Nagy et les protagonistes de l'insurrection de l'insurrection de Budapest de 1956 sont  réhabilités et ont droit à des funérailles nationales. Kadar meurt peu de temps après [int. Zoltan Szalay]. Cette ouverture en Hongrie suscite un grand espoir chez les Allemands de l'Est qui passent leurs vacances en Hongrie : certains arrivent à passer le rideau de fer. Enormes mouvements de foules.

Ainsi, pendant que l'URSS, la Pologne et la Hongrie prennent la voie d'une transition démocratique avec l'organisation d'élections en partie libres, les dirigeants communistes des autres pays du  bloc (RDA, Tchécoslovaquie, Roumanie et Bulgarie) s'accrochent encore au pouvoir.

- Explosion du bloc de l'Est :

1) RDA : célébration du 40e anniversaire de la RDA le 7 octobre 1989. Manifestations monstres en faveur de Gorbatchev, humiliation de Honecker.

[Interview de Andreï Gratchev : Gorbatchev utilise cette célébration pour accélérer la chute politique du dirigeant est-allemand].

[Interview de Roland Woetzel, ancien membre de la Direction du PC est-allemand : Jusqu'au bout, Honecker refuse d'admettre la situation, persuadé que le peuple le soutiendra].

[Interview de Klaus Laabs, dissident, fils d'un Secrétaire d'Etat du gouvernement est-allemand : cette rupture radicale était attendue depuis le début du régime communiste en RDA. En outre, la foule avait en tête le massacre de la Place Tian'anmen Men à Pékin quelques mois plus tôt, qui la tétanisait (juin 1989)].

Reconstitution précise des événements d'octobre-novembre 1989 en RDA jusqu'à la chute du Mur de Berlin le 9 novembre.[Int. Gratchev : cf. satisfaction de Gorbatchev que le mur soit tombé sans que l'URSS ait à intervenir]. [ Int. Alexeï Kandaourov : cet événement signifie que l'URSS a perdu la guerre froide].

 2) Tchécoslovaquie : la "révolution de velours" se met en place la même année, mais dans les théâtres et les débats intellectuels. C'est la révolution des artistes et des musiciens, avec Vaclav Havel à leur tête. Havel s'impose naturellement, de manière incontestée. Le 24 novembre a lieu la démission du Comité central du Parti communiste tchécoslovaque. Havel est élu président de la (nouvelle) République tchécoslovaque le 28 décembre 1989, tandis qu' Alexandre Dubček doit se contenter de la présidende de l'Assemblée fédérale.

3) Bulgarie : Todor Jivkov, chef d'Etat bulgage, est contraint de démissionner.

Toutes ces "révolutions" sont pacifiques. En Roumanie, ll en va autrement.

4) Roumanie : La révolution roumaine consiste en une série d'émeutes et de protestations qui se déroulent entre le 16 et le 25 décembre 1989 et aboutissent au renversement du régime communiste dirigé par Nicolae Ceaucescu  et à l'exécution du dictateur et de son épouse.[Interview de Paul Cozighian, étudiant en cinéma à Bucarest, témoin des événements]. [Interview de Sergiu Celac, ancien interprète de Ceaucescu jusqu'en 1978, et ministre des Affaires étrangères du nouveau régime: La nature exacte de cette révolution continue à alimenter la controverse. Le rôle de la Securidad dans l'exécution n'est pas transparent, les deux personnes qui ont procédé à l'exécution du Conducator et d'Elena Ceaucescu ayant été liquidées à leur tour. La police secrète cherchera à dissimuler qu'il y ait eu une révolution populaire spontanée afin de conserver le pouvoir].

- Retour en URSS :

Le gouvernement soviétique est incapable d'enrayer l'effondrement économique du pays et perd le contrôle des républiques de l'Union. Contrairement aux Pays de l'Est, le communisme en URSS n'est pas le résultat d'une occupation militaire ; par voie de conséquence, la perte de croyance dans le communisme est vécue plus douloureusement par les Soviétiques. Influence de plus en plus forte de la religion sur la société (on note surtout un attachement aux rituels), émergence de pseudo-médecines (cf. les séances du magnétiseur Kachpirovski diffusées à la première chaîne de télévision soviétique).

L'opposant politique Boris Eltsine saura capter le mécontentement de la population et se faire le porte-parole de sa souffrance. Il accuse la révolution de 1917 d'être à l'origine de tous les maux du pays. Tandis que Gorbatchev continue de suivre le rituel communiste et que le nombre de ses fidèles ne cesse de se réduire, c'est bien Eltsine qui apparaît désormais comme le progressiste. Manifestations contre le parti communiste.

 

Orientations bibliographiques : Jacques RUPNIK, L'Autre Europe. Crise et fin du communisme, P, Odile Jacob / Points Seuil, 1990 et 1993, 384 p. ; François FEJTÖ (avec la collaboration d'Ewa Kulesza-Mielkowski), La fin des démocraties populaires, les chemins post-communistes, P, Seuil, 1992, 568 p; Archie BROWN, The Gorbatchev Factor, Oxford, Oxford UP, 1996, 406 p. ; Jean-François SOULET, Histoire comparée des États communistes de 1945 à nos jours, P, Armand-Colin, 1996, 404 p. ; Mikhaïl GORBATCHEV, Mémoires : une vie et des réformes, P, Ed. du Rocher, 1997 ; Pierre KENDE et Aleksander SMOLAR (dir.), La Grande Secousse : Europe de l'Est 1989/1990, Paris, CNRS Editions, 1999, 235 p. ; Kathy ROUSSELET (coordonnateur), “Passé et présent religieux en Russie“, RECEO, vol. 24, n° 3-4, septembre-décembre 1999 ; Boris ELTSINE, Mémoires, P, Flammarion, 2000 ; Andreï GRATCHEV, Le mystère Gorbatchev : la terre et le destin, P, Editions du Rocher, 2001, 377 p. ; Archie BROWN, Seven Years that Changed the World. Perestroïka in Perspective, Oxford UP, 2007, 350 p. ; Jean-François COLOSIMO, L'Apocalypse russe : Dieu au pays de Dostoïevski, P, Fayard, 2008, 357 p. ;  Helmut ALTRICHTER, Russland 1989: Der Untergang des sowjetischen Imperiums, Münich, C.H. Beck, 2009, 448 p. ;


Notice créée le 8 Août 2012. Dernière modification le 10 Août 2012.

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